Les joueurs de ‘Pokémon Go’ forment à leur insu des robots de livraison
Pokémon Go a révolutionné la chasse aux créatures virtuelles il y a presque dix ans. Ce que peu savent, c’est que les parties des joueurs ont servi à un tout autre usage, bien loin des Pokémon. Aujourd’hui, ces données permettent à des robots de livraison de naviguer avec une précision folle dans nos rues.
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Comment Pokémon Go a secrètement formé une intelligence artificielle
À son lancement, Pokémon Go invitait des centaines de millions de joueurs à arpenter les rues avec leur smartphone pour attraper Pikachu ou Salamèche. Mais cette promenade avait un double but ! En effet, Niantic, le studio derrière le jeu, a utilisé plus de 30 milliards de photos prises par les utilisateurs pour entraîner une IA. Cette dernière sert à analyser les environnements réels avec une finesse incroyable.
Ce système s’appelle le Visual Positioning System (VPS). Il permet de localiser un objet ou une personne avec une précision à quelques centimètres. Pour arriver à ce résultat, Niantic a exploité les scans en 3D réalisés par les joueurs lorsqu’ils ciblaient statues, bâtiments ou même terrains de jeu dans Pokémon Go.
Le rôle inattendu des joueurs dans la robotique urbaine
La surprise est de taille : la technologie développée grâce à Pokémon Go équipe désormais des robots de livraison ! Niantic a établi un partenariat avec Coco Robotics, une entreprise spécialisée dans les robots qui livrent repas et courses. Ces machines utilisent le VPS pour s’orienter sur les trottoirs, notamment dans les environnements où le GPS classique montre vite ses limites.
Vous avez sûrement remarqué combien le GPS galère à se repérer entre des gratte-ciels ou dans des ruelles étroites. Les robots, eux, se basent sur les images des alentours pour avancer sans dévier et éviter les obstacles. C’est comme si Pikachu aidait à livrer votre pizza chaude à temps !
Du jeu à la vraie vie : un pont improvisé entre réalité augmentée et robotique
Pokémon Go ne se limite plus à tracer un chemin virtuel aux joueurs. Les données accumulées au fil des années ont permis de constituer une carte dynamique et vivante du monde réel. Cette carte s’enrichit à chaque passage des robots, qui renvoient eux-mêmes des informations pour affiner la précision du VPS.
Le système ne se contente pas d’imager un environnement à un instant T. Il gère des nuances météo, des éclairages variés et même des perspectives différentes. C’est là toute la force d’une technologie conçue à partir de données massives, collectées sans que les joueurs s’en doutent à l’époque.
Les défis de la livraison autonome et ce que Pokémon Go apporte
La livraison « du dernier kilomètre » est un vrai casse-tête technique. Après tout, comment faire confiance à un robot pour traverser des rues souvent chaotiques ? Le VPS aide à répondre précisément à cette question. Ce n’est pas juste un « GPS amélioré », mais un système qui analyse en temps réel les balises visuelles autour.
Niantic l’a bien résumé : faire bouger un personnage virtuel dans Pokémon Go et guider un robot de livraison pose le même problème de localisation. La solution ? Une cartographie très fine, alimentée par des milliards d’images du monde réel, fournies par des joueurs passionnés qui cherchaient juste à attraper des Bulbizarre.
Ce phénomène illustre aussi un point crucial de notre époque : les données collectées pour un usage peuvent parfois piloter des innovations surprenantes. Les joueurs, sans le savoir, ont contribué à faire avancer un secteur high-tech bien éloigné de celui du jeu vidéo.
Source: www.popsci.com









