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Des joueurs de Pokémon Go ont sans le savoir contribué à l’entraînement de drones militaires

Par Pierre Moutoucou , le 13 juin 2026 à 22:20 - 4 minutes de lecture
Des joueurs de Pokémon Go ont contribué sans le savoir à l’entraînement de drones militaires
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Des millions de dresseurs à travers le monde ont arpenté les rues, smartphone en main, cherchant à attraper tous leurs Pokémon préférés. Ce qu’ils ignoraient, c’est que leurs vidéos et scans environnementaux ne servaient pas qu’à gonfler leur inventaire en objets virtuels. En réalité, ces données ont nourri un système capable d’entraîner des drones militaires à se déplacer sans GPS !

Pokémon Go n’est pas qu’un simple jeu mobile : depuis 2021, Niantic a proposé aux joueurs d’enregistrer des vidéos de leur environnement pour gagner des bonus en jeu. Beaucoup ont accepté sans trop lire les conditions, qui, surprise, autorisaient Niantic à vendre ces images à des tiers, notamment des entreprises de défense. Ce genre de clause, on la retrouve souvent dans les CGU, mais elle a ici pris une tournure inattendue.

Quand les scans de Pokémon Go deviennent un terrain d’entraînement militaire

Voilà un paradoxe assez fou. En filmant leur quartier, leur appartement ou leur parc local, les joueurs ont accumulé environ 30 milliards de scans 3D. Ces données alimentent un système de navigation visuelle appelé VPS. Son principe est simple : un drone ou un robot peut se repérer en comparant ce que sa caméra voit à une carte 3D pré-existante, sans avoir besoin de GPS. C’est carrément pratique pour des opérations militaires dans des zones où les satellites sont brouillés ou absents.

Cette technologie est en cours de déploiement via Niantic Spatial, la ramification sortie de Niantic après la vente de Pokémon Go à Scopely pour 3,5 milliards de dollars. En partenariat avec la société Vantor — un poids lourd sous contrat avec les agences américaines — ce système équipe désormais des drones et robots militaires. Étonnant, non ?

Consentement et éthique : qui a vraiment dit OK ?

Sur le papier, les joueurs ont accepté ces conditions en activant une fonctionnalité spéciale. Mais qui prend vraiment le temps de lire une licence utilisateur bien technique ? Pour la majorité, ce fut un oui sans comprendre l’usage réel des données. La voix d’un joueur hollandais, Floris De Hingh, résonne encore : “Je jouais juste à un jeu.” Ce témoignage souligne le décalage entre l’expérience ludique et les conséquences inattendues.

Des experts en éthique, comme Jeroen van den Hoven, rappellent que sans ces milliards de données récoltées par les joueurs “l’innovation aurait pris des années supplémentaires”. Mais reste la question de la connaissance et du consentement éclairé. Est-ce acceptable que des joueurs « entraînent » malgré eux des technologies militaires ? Pas sûr que tout le monde ait envie d’être associé à ça !

Un héritage étonnant de Niantic, de Keyhole à la défense

Il faut aussi remettre cette situation dans le contexte plus large de l’entreprise. Niantic n’est pas née de rien. Elle trouve ses racines chez Keyhole, start-up soutenue par In-Q-Tel, le bras investisseur de la CIA. Cette technologie a aidé l’armée américaine en Irak il y a plusieurs années. La boucle est bouclée : des technologies civiles réutilisées à des fins militaires, sur la base d’images issues du grand public.

Cela ouvre la porte à une réflexion importante. Dans un monde où chaque pixel, chaque scan, chaque vidéo enregistrée peut être réutilisé à des fins imprévues, quel est le vrai prix de la gratuité d’un jeu ? Ça rappelle un peu les vieux souvenirs des jeux où on soufflait sur la cartouche pour la faire marcher, mais là, on souffle sur des milliards de données sans le savoir.

Les dessous d’un accord encore flou

Niantic Spatial confirme que ces scans ont servi à entraîner un « early model » de leur technologie VPS. Mais depuis la vente de Pokémon Go, les données ne sont plus partagées. Pourtant, ni Vantor ni Niantic Spatial n’ont clairement confirmé que les drones en service utilisent directement ces scans. Une zone d’ombre qui nourrit bien des doutes.

Cela reste un exemple fascinant de comment une activité aussi anodine qu’attraper un Pokémon peut avoir un impact bien plus large que prévu. Peut-être que dans quelques années, en revivant cette époque, on repensera à ces balades dans le jeu différemment. Qui aurait cru que vos chasses au Ronflex de trottoir alimenteraient des machines de guerre ?

Source: www.movieguide.org

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Pierre Moutoucou

Pierre Moutoucou

Salut! Je m'appelle Pierre et j'ai 32 ans. Je suis un passionné de jeux vidéo, notamment de Pokémon et de Nintendo. Les consoles de jeux n'ont aucun secret pour moi. Bienvenue sur mon site web!

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